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Réussir à réaliser des interventions difficiles sur les tumeurs osseuses

Date 08/10/2012

Les tumeurs sont définies comme des masses ou des excroissances constituées de cellules qui se divisent de manière anarchique et elles peuvent toucher les os. On pense que la persistance de douleurs osseuses serait le symptôme le plus important de tumeurs osseuses. Le professeur Kaan Erler, spécialiste en Orthopédie et Traumatologie au Centre Médical Anadolu, affirme que « l’origine de la plupart des tumeurs osseuses reste inconnue ; elle est parfois génétique. Les tissus sains sont remplacés par des tissus anormaux. La tumeur affaiblit l’os ; ceci se traduit par des fractures pathologiques. Si on ne prend pas les mesures préventives nécessaires, les tumeurs qui se développent rapidement (les tumeurs agressives) envahissent d’autres tissus et causent des métastases. »

Le Prof. Dr. Erler déclare que la plupart des tumeurs osseuses sont bénignes. Il ajoute, « Un cancer qui démarre au niveau de l’os (primaire) est diffèrent d’un cancer qui démarre ailleurs dans l’organisme et ensuite envahit l’os (secondaire). L’évolution d’une tumeur et les dommages qu’elle provoque au sein des tissus dépendent de son comportement biologique. Certaines sont diagnostiquées par hasard, d’autres sont source de symptômes significatifs. » Le Prof. Dr. Erler, a répondu à nos questions concernant le diagnostic et le traitement des tumeurs osseuses.

Quelles sont les tumeurs osseuses les plus courantes?
Les tumeurs primaires des os les plus fréquentes sont les suivantes :

Myélome multiple: C’est la plus fréquente des tumeurs osseuses primaires. Il s’agit d’une tumeur maligne de la moelle osseuse. Chaque année, 20 personnes par million en sont atteintes. Elle touche les personnes âgées de 50 à 70 ans et peut affecter n’importe quel os.
Ostéosarcome: C’est la deuxième tumeur la plus fréquente des tumeurs osseuses primaires. Touchant souvent les adolescents, elle se situe au niveau du genou, provoquant le décès de 2 à 3 personnes par million chaque année. Elle est moins souvent observée au niveau de la hanche ou de l’épaule.
Sarcome d’Ewing: Observé principalement chez les personnes âgées de 5 à 20 ans, il constitue une vaste masse de tissus mous, endommageant les os. Il affecte généralement les membres supérieurs et inférieurs, les os de la hanche et du thorax.
Chondrosarcome: Plus communément retrouvé chez les personnes entre 40 et 70 ans. Il entraîne des masses osseuses au niveau de la hanche, de l’os de la hanche et de l’épaule.

Qu’observe-t-on dans ces tumeurs?
La plupart des patients se plaignent de douleurs, perçues comme un inconfort continu de faible intensité que l’on appelle une « douleur sourde ». La douleur persiste même si le patient se repose et elle s’aggrave la nuit. Un traumatisme n’est est pas la cause, mais la douleur augmente après un traumatisme. Des fractures pathologiques sont retrouvées au sein des os affaiblis et cela aggrave la douleur. Certaines tumeurs sont associées à de la fièvre et des sueurs nocturnes. Parfois on observe des masses indolores. Certaines tumeurs sont diagnostiquées par hasard lors d’une radiographie après un traumatisme de la cheville.

Que faire lorsqu’on rencontre une douleur de ce type?
Lorsqu’une personne pense qu’elle peutavoir une tumeur osseuse, elle devrait consulter immédiatement son médecin.

Quelles sont les premières étapes du diagnostic ?

Le médecin doit recueillir une anamnèse détaillée du patient afin de connaître l’ensemble de ses antécédents médicaux et des traitements prescrits.

L’examen de la tumeur comprend sa taille, sa mobilité, sa relation avec les articulations et s’il existe des adhérences ; d’autres systèmes sont examinés si nécessaire. Ensuite, on prend une radiographie du patient. Différentes tumeurs osseuses donnent des images différentes à la radiographie. Dans certains cas, on observe une calcification excessive; dans d’autres, une résorption osseuse et parfois, on observe les deux.

Est-ce que la radiographie suffit, ou y a-t-il besoin d’autres méthodes d’imagerie?

Certaines tumeurs peuvent être décelées à la radiographie. Pour distinguer le type de tumeur, nous utilisons des méthodes d’imagerie qui donnent plus de détails comme la tomodensitométrie, l’IRM, la scintigraphie, la TEP et la tomographie du poumon. Nous utilisons la tomographie pour voir les détails de l’os et l’IRM pour déterminer l’extension de la tumeur dans l’os ou pour voir l’extension à distance de la tumeur. La scintigraphie osseuse donne des informations sur l’activité biologique de la tumeur et sur l’existence de métastases.

Quel bilan est effectué pour le diagnostic?
Une numération sanguine ou des analyses urinaires peuvent s’avérer nécessaires. On prend aussi un échantillon du tissu, appelé une biopsie. Elle devra être faite dans le même centre où l’intervention chirurgicale est effectuée par un spécialiste en orthopédie oncologique. Deux techniques sont possibles : une biopsie à l’aiguille fine ou une biopsie ouverte. L’expérience du pathologiste est au moins aussi importante que la technique utilisée.

Comment prendre en charge une tumeur osseuse maligne ?
Lorsqu’une tumeur osseuse maligne est diagnostiquée, il est important de recueillir un deuxième avis. La prise en charge d’une tumeur osseuse se fait en équipe. Les principaux membres de cette équipe sont l’orthopédiste oncologue, l’oncologue médical, le radiologue, le radio-oncologue et l’anatomopathologiste. Le but du traitement est de surmonter le cancer et de protéger les membres.

Puisque la médecine progresse, quelles sont les améliorations dans le traitement des tumeurs osseuses? Est-ce que les méthodes chirurgicales ont changé ?

Autrefois, on réalisait une amputation du membre afin d’éliminer le cancer de l’organisme. Il existe aujourd’hui une approche chirurgicale qui permet de protéger le membre et de retirer uniquement la tumeur. On peut réaliser une intervention chirurgicale qui ôte seulement le lit tumoral ainsi qu’une faible ou grande portion du tissu sain environnant
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Le but est de préserver la fonction du membre suite au traitement oncologique. Certaines avancées dans le domaine de la chirurgie reconstructrice peuvent être utilisées. Des prothèses, des greffons osseux prélevés sur d’autres os du squelette, sont utilisés pour aider à cicatriser la zone touchée. D’autres méthodes de reconstruction biologiques sont également utilisées fréquemment.

Quelles sont les autres méthodes ?
Certaines tumeurs osseuses sont sensibles à la radiothérapie. La radiothérapie doit être effectuée seule ou associée à d’autres thérapies. La chimiothérapie peut être une option en fonction du comportement biologique de la maladie. Elle peut être utilisée avant ou après la chirurgie.

Y a-il une différence de risque de tumeur osseuse entre les sexes ?

Nous pouvons citer les données recueillies aux Etats-Unis. Chaque année, 2 500 tumeurs malignes ont été observées et 200 000 à 300 000 tumeurs bénignes ; 250 000 à 300 000 métastases osseuses ont été diagnostiquées. Il n’y a aucune différence du risque de tumeur osseuse entre les sexes.

Que peut on dire concernant le suivi des patients après traitement?
Juste après le traitement, les visites de suivi se succèdent à de brefs intervalles, puis les visites s’effectuent chaque année. Ainsi, toute récidive de la maladie ou son extension à d’autres organes est dépistée de manière précoce et un plan de traitement établi. Pendant ce temps, le patient doit bénéficier d’un soutien psychologique et développer ses relations sociales. Outre les cancers primaires de l’os, les cancers du poumon, du sein, de la thyroïde et de la prostate sont les sources principales de métastases osseuses. Toute douleur osseuse qui survient chez une personne âgée doit être évaluée attentivement.

Qu’est-ce qu’une amputation?
L’amputation est la résection de la zone malade du corps afin de sauver la vie du patient lorsqu’il est impossible de préserver l’organe. Par exemple, si l’on voit que la jambe est touchée, elle doit être amputée. Aujourd’hui, grâce au développement de méthodes diagnostiques et thérapeutiques, nous nous éloignons de cette approche chirurgicale. Dans les années 80, 90% des patients atteints de cancer étaient amputés ; actuellement ce chiffre est inférieur à 10%.

Que peut-on dire concernant les tumeurs osseuses bénignes et leur traitement?
Les tumeurs osseuses bénignes les plus fréquentes sont les fibromes non-ossifiants, les kystes osseux simples, les ostéochondromes, les tumeurs à cellules géantes, les enchondromes et les dysplasies fibreuses. Le traitement des tumeurs osseuses bénignes dépend du type de tumeur et de l’âge du patient. Dans la plupart des cas, un simple suivi suffit. Dans certains cas, un traitement médical soulage la douleur. Dans d’autres cas, particulièrement les tumeurs chez les enfants, elles peuvent disparaître spontanément avec le temps. Certaines tumeurs bénignes peuvent se transformer en tumeurs malignes et provoquer des métastases. Parfois, le médecin décide d’exciser la tumeur. Cette approche prévient les fractures pathologiques. Certaines tumeurs peuvent récidiver, même si elles ont été excisées. La tumeur à cellules géantes est la principale tumeur bénigne qui peut devenir agressive. Dans certains cas, un ostéochondrome localisé à de multiples endroits peut se transformer en cancer.

 

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