Syndrome de Brugada : diagnostic, risques et traitement

Maladies· Cardiologie· Publié le : 21.08.2026· 7 min de lecture

Syndrome de Brugada : diagnostic, risques et traitement
En bref — l’essentiel

Le syndrome de Brugada est une maladie électrique du cœur associée à un risque accru de troubles du rythme ventriculaire graves chez certaines personnes. Il peut être héréditaire, mais une mutation identifiable n’est pas présente chez tous les patients. L’ECG montre un aspect caractéristique, parfois spontané et parfois révélé dans un contexte spécialisé.

Le syndrome de Brugada, qui perturbe le système de conduction électrique du cœur, est une maladie génétique rare qui augmente le risque d’arrêt cardiaque soudain. Bien que le muscle cardiaque ne présente pas d’anomalie structurelle, la conduction des signaux électriques est altérée. Cette situation peut provoquer des troubles du rythme potentiellement mortels, en particulier au repos et pendant le sommeil. Le syndrome est plus fréquent chez l’homme et peut parfois se révéler uniquement par une mort subite inexpliquée. Un diagnostic précoce et un traitement adapté sauvent des vies.

Qu’est-ce que le syndrome de Brugada ?

Le syndrome de Brugada est un trouble du rythme génétique rare qui perturbe le système de conduction électrique du cœur. Il augmente le risque d’arythmies ventriculaires dangereuses et d’arrêt cardiaque soudain, pouvant survenir notamment au repos ou pendant le sommeil. Bien que le muscle cardiaque ne présente pas d’anomalie structurelle, des troubles du rythme menaçant le pronostic vital apparaissent en raison d’anomalies de l’activité électrique. La maladie est généralement découverte à l’âge moyen de la vie, mais elle peut survenir à tout âge. Elle est plus fréquente et plus sévère chez l’homme que chez la femme.

Quelles sont les causes du syndrome de Brugada ?

La cause principale du syndrome de Brugada réside dans des mutations génétiques qui altèrent le fonctionnement des canaux sodiques des cellules cardiaques. Le gène le plus souvent touché est SCN5A. Cette mutation réduit la capacité du cœur à conduire les influx électriques et entraîne des troubles du rythme.

Les causes du syndrome peuvent être énumérées ainsi :

  • Mutations génétiques : en particulier des modifications du gène SCN5A.
  • Antécédents familiaux : apparentés au premier degré ayant des antécédents de mort subite cardiaque.
  • Sexe : risque plus élevé chez l’homme.
  • Fièvre : l’élévation de la température corporelle peut augmenter le risque de trouble du rythme.
  • Certains médicaments : médicaments agissant sur les canaux sodiques, comme les antiarythmiques, les antidépresseurs ou les antihistaminiques.
  • Déséquilibres électrolytiques : en particulier des taux bas de potassium et de calcium.

Si la mutation génétique est la cause la plus fréquente du syndrome de Brugada, les facteurs environnementaux jouent aussi un rôle important dans l’expression de la maladie. Une fièvre élevée, des troubles électrolytiques et certains médicaments peuvent notamment déclencher un trouble du rythme. Les modifications des gènes des canaux sodiques ralentissent la conduction électrique des cellules cardiaques et provoquent des blocs dans certaines zones. Cette situation crée un déséquilibre électrique, en particulier au niveau de la chambre de chasse du ventricule droit. Par ailleurs, l’influence de la testostérone sur les courants ioniques des cellules cardiaques chez l’homme pourrait expliquer une évolution plus fréquente et plus sévère de la maladie dans ce groupe.

Quels sont les symptômes du syndrome de Brugada ?

Les symptômes peuvent aller de légers à graves. Certaines personnes ne présentent aucun symptôme et le syndrome est découvert lors d’un ECG de routine. Chez d’autres, des troubles du rythme cardiaque brutaux et graves peuvent se développer. La maladie peut se manifester par des syncopes, des palpitations ou un arrêt cardiaque soudain, en particulier au repos ou pendant le sommeil. Les symptômes peuvent s’aggraver lors des épisodes fébriles. Il est typique que les rythmes dangereux apparaissent généralement au repos et non après l’effort.

Les symptômes du syndrome de Brugada sont les suivants :

  • Évanouissement sans cause apparente (syncope)
  • Sensation de palpitations intenses
  • Réveil nocturne brutal avec essoufflement ou battements cardiaques
  • Arrêt cardiaque soudain
  • Antécédents familiaux de mort subite inexpliquée
  • Palpitations ou évanouissement pendant un épisode de fièvre

Chez certains patients, les symptômes peuvent n’apparaître qu’en présence d’un facteur déclenchant. Par exemple, des troubles du rythme soudains peuvent survenir lors de maladies fébriles comme la grippe ou la pneumonie, ou au repos après un repas copieux. Au début, des plaintes légères comme des palpitations et des vertiges peuvent être présentes, tandis que par la suite les épisodes de syncope se multiplient. Se réveiller brutalement la nuit en toussant ou en étant essoufflé constitue aussi un signe d’alerte important. Chez l’enfant, des syncopes inexpliquées, des crises prises pour de l’épilepsie ou des antécédents de mort subite doivent faire évoquer un syndrome de Brugada.

Comment pose-t-on le diagnostic de syndrome de Brugada ?

Le diagnostic repose sur les anomalies typiques de l’ECG et sur l’histoire clinique. Sur l’ECG du syndrome de Brugada, un « sus-décalage du segment ST de forme convexe (en dôme) » suivi d’une onde T négative dans les dérivations V1–V3 est typique. Cette anomalie n’est toutefois pas toujours visible ; des tests de provocation peuvent donc être nécessaires.

Les méthodes utilisées dans la démarche diagnostique sont les suivantes :

  • Électrocardiogramme (ECG) : c’est l’outil diagnostique de base.
  • Recherche des antécédents familiaux : présence d’antécédents de mort subite.
  • Test génétique : recherche de mutations de SCN5A et d’autres gènes associés.
  • Exploration électrophysiologique (EEP) : test visant à déclencher un trouble du rythme cardiaque.

Dans le diagnostic du syndrome de Brugada, les anomalies de l’ECG sont classées en trois aspects différents. L’aspect de type 1 est diagnostique et associe un sus-décalage du segment ST en dôme à une onde T négative. Les aspects de type 2 et de type 3 éveillent la suspicion, mais ne suffisent pas à eux seuls au diagnostic. C’est pourquoi des tests de provocation ou des explorations électrophysiologiques peuvent être réalisés jusqu’à la confirmation du diagnostic. Chez certains patients, les anomalies de l’ECG peuvent disparaître par moments ; des enregistrements répétés à différents moments sont donc recommandés. En outre, le dépistage familial et les tests génétiques jouent un grand rôle dans le diagnostic précoce.

Comment se déroule le test de Brugada ?

Le test de Brugada est réalisé pour étayer le diagnostic chez les personnes dont l’ECG ne montre pas les anomalies typiques mais chez qui il existe une suspicion clinique. Lors de ce test, des médicaments bloquant les canaux sodiques sont administrés par voie intraveineuse et les modifications de l’ECG sont surveillées.

  • Préparation : le patient est placé sous monitorage et une voie veineuse est posée.
  • Administration du médicament : un bloqueur des canaux sodiques comme l’ajmaline, le flécaïnide ou le procaïnamide est administré.
  • Surveillance de l’ECG : pendant l’administration du médicament, on vérifie si l’aspect typique de Brugada apparaît dans les dérivations V1–V3.
  • Observation : si une arythmie survient pendant le test, une prise en charge immédiate est réalisée.

Les points à respecter lors du test sont les suivants :

  • Le test doit impérativement être réalisé en milieu hospitalier.
  • Le matériel d’urgence doit être prêt.
  • Un résultat positif renforce le diagnostic, mais il doit être interprété avec les données cliniques.

Comment traite-t-on le syndrome de Brugada ?

Il n’existe pas de traitement curatif du syndrome de Brugada, mais différentes mesures et des traitements par dispositif sont mis en œuvre pour réduire le risque de mort subite. Les plus courants sont les suivants :

  • Défibrillateur automatique implantable (DAI) : c’est le moyen le plus efficace de prévenir l’arrêt cardiaque soudain chez les patients à haut risque.
  • Contrôle de la fièvre : le risque d’arythmie augmente pendant la fièvre ; celle-ci doit donc être traitée rapidement.
  • Traitement médicamenteux : des médicaments comme la quinidine peuvent prévenir les troubles du rythme chez certains patients.
  • Mesures d’hygiène de vie : éviter les médicaments bloquant les canaux sodiques et préserver l’équilibre électrolytique.
  • Dépistage familial : les apparentés au premier degré des personnes diagnostiquées doivent bénéficier d’un dépistage génétique et par ECG.

Le traitement par DAI est la méthode la plus efficace pour se protéger de la mort subite chez les patients à haut risque. Toutefois, la pose d’un DAI n’est pas nécessaire chez tous les patients ; la décision est prise après une évaluation du risque. Chez les patients à risque intermédiaire, le risque est déterminé par des explorations électrophysiologiques. La quinidine peut prévenir les rythmes dangereux chez certains patients. Faire baisser rapidement la fièvre et maintenir les taux de potassium et de magnésium font aussi partie du plan de traitement. Les patients sont informés de la nécessité d’éviter les médicaments bloquant les canaux sodiques (certains médicaments cardiaques, antidépresseurs, antihistaminiques). Des contrôles cardiologiques réguliers et le dépistage des membres de la famille sont importants pour la prise en charge à long terme.

Bien que rare, le syndrome de Brugada est un trouble du rythme génétique qui augmente fortement le risque d’arrêt cardiaque soudain. Un diagnostic précoce revêt une importance vitale, en particulier pour les personnes ayant des antécédents familiaux de mort subite. Chez les patients à haut risque, l’utilisation d’un défibrillateur automatique implantable (DAI) réduit considérablement le risque de mort subite. Le contrôle de la fièvre, l’éviction des médicaments agissant sur les canaux sodiques et des contrôles cardiologiques réguliers jouent un rôle essentiel dans la prise en charge de la maladie. Par ailleurs, le dépistage familial aide à détecter la maladie à un stade précoce et à prévenir d’éventuelles complications. Avec un suivi adapté et un traitement approprié, les patients atteints du syndrome de Brugada peuvent mener une vie saine.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que syndrome de brugada ?

Le syndrome de Brugada est une maladie électrique du cœur associée à un risque accru de troubles du rythme ventriculaire graves chez certaines personnes. Il peut être héréditaire, mais une mutation identifiable n’est pas présente chez tous les patients. L’ECG montre un aspect caractéristique, parfois spontané et parfois révélé dans un contexte spécialisé.

Quels symptômes ou signes doivent être surveillés ?

Les manifestations dépendent de la cause, de la localisation et de la sévérité. Syncope inexpliquée, respiration agonique nocturne ou antécédent d’arrêt cardiaque peuvent orienter le bilan. Un symptôme isolé ne suffit généralement pas à poser un diagnostic ; son évolution et les signes associés comptent aussi.

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

Le diagnostic commence par l’interrogatoire et l’examen clinique. Selon le problème, des analyses, une imagerie ou des tests spécialisés peuvent être nécessaires. Le choix des examens dépend du contexte individuel et ne doit pas être remplacé par un auto-diagnostic.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Une syncope, des palpitations avec malaise, un arrêt cardiaque ou une fièvre importante chez une personne connue pour un syndrome de Brugada nécessite une évaluation médicale urgente.

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation, un diagnostic ou un traitement prescrit par un médecin. En cas de symptômes, consultez un professionnel de santé qualifié.

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