PIPAC : chimiothérapie intrapéritonéale pressurisée en aérosol

Traitements· Oncologie médicale· Publié le : 21.08.2026· 8 min de lecture

PIPAC : chimiothérapie intrapéritonéale pressurisée en aérosol
En bref — l’essentiel

La PIPAC est une technique laparoscopique qui administre une chimiothérapie sous forme d’aérosol pressurisé dans la cavité péritonéale. Elle est étudiée ou utilisée dans des centres spécialisés pour certaines carcinomatoses péritonéales lorsque les patients sont soigneusement sélectionnés. Elle ne remplace pas systématiquement la chimiothérapie intraveineuse ou la chirurgie.

Les méthodes utilisées dans le traitement des cancers étendus au péritoine se sont considérablement développées ces dernières années. Les options de traitement locorégional appliquées en complément des traitements standard, en particulier, visent à augmenter l’efficacité thérapeutique tout en aidant à préserver la qualité de vie des patients. L’une de ces méthodes, la PIPAC, est une approche thérapeutique innovante utilisée chez certains groupes de patients. Dans le traitement des tumeurs étendues à la cavité abdominale, l’administration des médicaments directement dans la zone cible peut offrir des avantages importants. Le traitement par PIPAC repose sur l’administration intra-abdominale des médicaments de chimiothérapie sous forme d’aérosol, à l’aide de la pression. Réalisée par une technique mini-invasive, l’intervention fait partie des options pouvant être envisagées en particulier chez les patients présentant des métastases péritonéales.

Qu’est-ce que la PIPAC (chimiothérapie intrapéritonéale pressurisée en aérosol) ?

PIPAC est l’abréviation de l’expression anglaise « Pressurized Intraperitoneal Aerosol Chemotherapy », c’est-à-dire chimiothérapie intrapéritonéale pressurisée en aérosol. L’objectif principal du traitement est de permettre aux médicaments de chimiothérapie d’atteindre des surfaces plus étendues à l’intérieur de la cavité abdominale.

Dans la chimiothérapie classique, les médicaments se diffusent dans tout l’organisme par voie intraveineuse. Avec la méthode PIPAC, les médicaments sont en revanche administrés directement dans la cavité abdominale. À l’aide de dispositifs spéciaux, le médicament de chimiothérapie liquide est transformé en aérosol. Administré sous pression, le médicament peut atteindre plus efficacement les foyers tumoraux du péritoine.

Au cours de l’intervention, réalisée par laparoscopie, l’étendue de la maladie est évaluée et des biopsies peuvent être prélevées si nécessaire. L’intervention est généralement réalisée en peu de temps. Les patients peuvent le plus souvent reprendre leurs activités quotidiennes en quelques jours.

Différences entre la PIPAC, la HIPEC et la chimiothérapie systémique

Parmi les traitements ciblant la cavité abdominale, la PIPAC, la HIPEC et la chimiothérapie systémique peuvent être utilisées dans des buts différents. Le mode d’administration, la sélection des patients et les objectifs de chaque méthode sont différents.

Les principales différences entre la PIPAC et les autres méthodes sont :

  • PIPAC : les médicaments de chimiothérapie sont administrés dans l’abdomen sous forme d’aérosol, sous pression.
  • HIPEC : après l’ablation chirurgicale des tumeurs intra-abdominales, des médicaments de chimiothérapie chauffés circulent dans la cavité abdominale.
  • Chimiothérapie systémique : les médicaments sont distribués dans tout l’organisme par voie intraveineuse.
  • Réalisation de la PIPAC : elle est généralement réalisée par laparoscopie, de manière répétable.
  • Intervention HIPEC : elle est réalisée au cours d’une chirurgie lourde.
  • Chimiothérapie systémique : elle peut également cibler les sites métastatiques situés en dehors de l’abdomen.

Le choix du traitement est déterminé en fonction de l’extension de la maladie, de l’état de santé général et de l’évaluation multidisciplinaire.

Dans quels types de cancer le traitement par PIPAC est-il utilisé ?

Le traitement par PIPAC est envisagé en particulier dans les cancers qui se sont étendus à la membrane abdominale appelée péritoine. Les métastases péritonéales peuvent être fréquentes dans certains types de cancer. Les traitements locorégionaux planifiés en complément des traitements standard peuvent contribuer au contrôle de la maladie.

Parmi les types de cancer pour lesquels la PIPAC peut être envisagée figurent :

  • Le cancer de l’estomac
  • Les cancers colorectaux
  • Le cancer de l’ovaire
  • Les tumeurs d’origine appendiculaire
  • Le cancer du pancréas
  • Le mésothéliome
  • Certaines tumeurs d’origine péritonéale

L’éligibilité est évaluée séparément pour chaque patient. L’étendue de la maladie est aussi importante que le type de cancer.

À qui le traitement par PIPAC convient-il ?

Le traitement par PIPAC peut ne pas convenir à tous les patients. C’est pourquoi une évaluation détaillée est nécessaire. L’état de santé général du patient, son niveau de performance et l’extension tumorale intra-abdominale sont pris en compte.

La PIPAC peut être considérée comme une option importante en particulier chez les patients qui ne sont pas candidats à une chirurgie lourde. Cependant, chez les personnes présentant une défaillance d’organe avancée, une infection grave ou des problèmes de santé susceptibles d’empêcher une intervention laparoscopique, d’autres plans de traitement peuvent être privilégiés.

La décision thérapeutique est généralement prise à l’issue d’une évaluation commune associant la chirurgie oncologique, l’oncologie médicale et les autres spécialités concernées.

Comment se déroule la procédure PIPAC étape par étape ?

L’intervention PIPAC est réalisée au bloc opératoire. Effectuée sous anesthésie générale, elle est considérée comme une technique mini-invasive.

Le traitement comprend généralement les étapes suivantes :

  • Une anesthésie générale est administrée au patient.
  • De petites incisions sont pratiquées dans la paroi abdominale.
  • La cavité abdominale est examinée à l’aide d’une caméra laparoscopique.
  • Si nécessaire, une biopsie est prélevée.
  • Le médicament de chimiothérapie est transformé en aérosol.
  • Le médicament est administré sous pression dans la cavité abdominale.
  • L’intervention est terminée à l’issue de la durée prévue.
  • Le suivi du patient débute.

La durée de l’intervention peut varier selon le protocole du centre. La plupart des patients sortent rapidement de l’hôpital.

Quels sont les bénéfices du traitement par PIPAC ?

L’objectif principal du traitement par PIPAC est de permettre aux médicaments de chimiothérapie d’atteindre plus efficacement les tissus tumoraux intra-abdominaux. Grâce à l’administration locorégionale, le médicament est délivré directement dans la zone cible.

Les avantages que peut offrir le traitement par PIPAC sont :

  • L’apport de médicament à forte concentration aux foyers tumoraux intra-abdominaux
  • La possibilité de le réaliser par une technique mini-invasive
  • Le fait qu’il s’agisse d’une option thérapeutique répétable
  • Une courte durée d’hospitalisation
  • Un retour à la vie quotidienne généralement rapide
  • La possibilité de suivre la réponse de la maladie par des biopsies

Les résultats obtenus peuvent varier selon les caractéristiques cliniques du patient.

À quoi les patients doivent-ils faire attention après une PIPAC (chimiothérapie pressurisée) ?

Après le traitement, il est important de suivre les recommandations du médecin. Les contrôles réguliers ne doivent pas être négligés pendant la convalescence.

Les principaux points auxquels les patients doivent faire attention sont :

  • Se rendre régulièrement aux consultations de contrôle
  • Prendre les médicaments comme recommandé
  • Consulter un établissement de santé en cas de fièvre, de douleur intense ou de symptômes inattendus
  • Boire suffisamment
  • Veiller à une alimentation équilibrée
  • Planifier les activités physiques selon les recommandations du médecin

Le suivi est important pour évaluer l’efficacité du traitement.

Une chimiothérapie est-elle administrée en même temps que la PIPAC (chimiothérapie pressurisée) ?

Chez certains patients, le traitement par PIPAC peut être associé à une chimiothérapie systémique. L’objectif est de cibler à la fois les tumeurs intra-abdominales et les autres sites d’extension possibles.

Le plan de traitement varie selon le stade de la maladie. Chez certains patients, la PIPAC seule est privilégiée, tandis que chez d’autres, des stratégies de traitement combiné peuvent être appliquées. L’approche la plus adaptée est déterminée à l’issue d’une évaluation propre à chaque patient.

Quels sont les risques et les effets indésirables du traitement par PIPAC ?

Comme toute intervention médicale, le traitement par PIPAC peut comporter certains risques et effets indésirables. Cependant, l’intervention étant mini-invasive, elle est bien tolérée par de nombreux patients.

Parmi les situations pouvant être rencontrées figurent :

  • Des douleurs abdominales
  • Des nausées
  • Des vomissements
  • Une sensation de fatigue
  • Des troubles digestifs transitoires
  • Un risque d’infection
  • Des saignements
  • Des complications liées à l’anesthésie

L’intensité des effets indésirables peut varier d’une personne à l’autre. En cas de symptômes inattendus, il convient de contacter l’équipe soignante.

À quelle fréquence le traitement par PIPAC est-il réalisé ?

Le traitement par PIPAC est généralement planifié sous forme de cures répétées à intervalles déterminés. La fréquence peut varier selon les caractéristiques de la maladie, la réponse au traitement et l’état de santé général.

Chez la plupart des patients, plusieurs semaines séparent les séances. Une évaluation détaillée est réalisée avant chaque intervention. La poursuite ou non du traitement est décidée en fonction des résultats cliniques.

Questions fréquentes sur le traitement par PIPAC

Le traitement par PIPAC est-il douloureux ?

L’intervention PIPAC étant réalisée sous anesthésie générale, le patient ne ressent pas de douleur pendant celle-ci. Après l’intervention, de légères douleurs abdominales ou une sensation d’inconfort peuvent apparaître. Ces symptômes diminuent le plus souvent rapidement. Si nécessaire, des traitements de soutien peuvent être utilisés pour contrôler la douleur.

Le traitement par PIPAC nécessite-t-il une hospitalisation ?

Après l’intervention, une courte surveillance hospitalière est réalisée. Une grande partie des patients peut sortir en quelques jours. La durée d’hospitalisation peut varier selon l’état de santé général de la personne. Chez les personnes présentant d’autres problèmes de santé, la durée de surveillance peut être prolongée.

Le traitement par PIPAC élimine-t-il complètement le cancer ?

L’objectif du traitement par PIPAC est de contribuer au contrôle de la maladie. L’effet du traitement varie selon le type de cancer, le degré d’extension et les facteurs individuels. Chez certains patients, une diminution de la charge tumorale peut être observée. Les résultats doivent être évalués de façon individuelle.

Combien de fois le traitement par PIPAC peut-il être réalisé ?

Le nombre d’interventions est déterminé en fonction de la réponse du patient au traitement. Il s’agit d’une méthode pouvant être répétée à intervalles réguliers. L’état général du patient est évalué avant chaque séance. Le plan de traitement est établi par une équipe multidisciplinaire.

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Questions fréquentes

Qu’est-ce que pipac ?

La PIPAC est une technique laparoscopique qui administre une chimiothérapie sous forme d’aérosol pressurisé dans la cavité péritonéale. Elle est étudiée ou utilisée dans des centres spécialisés pour certaines carcinomatoses péritonéales lorsque les patients sont soigneusement sélectionnés. Elle ne remplace pas systématiquement la chimiothérapie intraveineuse ou la chirurgie.

Quels symptômes ou signes doivent être surveillés ?

Les manifestations dépendent de la cause, de la localisation et de la sévérité. La procédure permet aussi d’évaluer le péritoine et de réaliser des biopsies. Un symptôme isolé ne suffit généralement pas à poser un diagnostic ; son évolution et les signes associés comptent aussi.

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

Le diagnostic commence par l’interrogatoire et l’examen clinique. Selon le problème, des analyses, une imagerie ou des tests spécialisés peuvent être nécessaires. Le choix des examens dépend du contexte individuel et ne doit pas être remplacé par un auto-diagnostic.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Après PIPAC, fièvre, douleur abdominale intense, vomissements persistants, difficulté respiratoire ou signes d’infection nécessitent de contacter rapidement l’équipe d’oncologie.

Ce contenu est fourni à titre informatif et ne remplace pas une consultation, un diagnostic ou un traitement prescrit par un médecin. En cas de symptômes, consultez un professionnel de santé qualifié.

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